Dans ce billet, je vous livre mon avis Iberostar Selection Holguín, sans filtre ni détour, après une semaine complète à Cuba en famille.
Du 2 au 9 mars 2025, on s’est offert une pause au soleil pour la relâche scolaire. En famille, cap sur Holguín, Cuba, à l’Iberostar Selection Holguín. Sur papier, tout semblait prometteur : plages paradisiaques, activités familiales, formule tout inclus. Mais une fois sur place, si la beauté naturelle était bien réelle, certaines réalités nous ont vite rattrapés.
✈️ Départ depuis Toronto : un détour économique
Pour économiser sur le forfait, nous avons opté pour un départ depuis l’aéroport de Pearson à Toronto plutôt que de Montréal. Grâce à un coup de chance, nous avons pu séjourner dans un condo familial avant le vol, ce qui a allégé la facture. Mais pour la plupart des voyageurs, il faudra prévoir les coûts additionnels d’une nuitée et des repas — un point à ne pas négliger dans le calcul global. Cela dit, l’économie en valait vraiment la peine : près de 3 000 $ de moins pour notre famille de quatre. Le vol avec Air Transat s’est très bien déroulé. C’est une valeur sûre pour ce genre de voyage « tout-inclus ». Et bonne surprise : même si un seul de nos garçons était encore admissible au programme Club Enfants (jusqu’à 12 ans), nous avons tous les quatre embarqué en priorité.
À l’arrivée à l’aéroport de Holguín — petit, mais fonctionnel — nous avons acheté une carte SIM de touriste CubacelTUR, qui semblait être la seule option disponible sur place. Il s’agit d’une carte physique à insérer dans le téléphone, donc petit conseil : gardez précieusement votre carte SIM personnelle pour ne pas la perdre en cours de route ! Le forfait de base, que nous avons pris, incluait 4 Go de données, 20 minutes de voix et 20 SMS, valide pour 7 jours, pour 14 USD. C’est parfait pour rester connecté un minimum, surtout en complément d’un Wi-Fi… qui, comme on l’a vite découvert, allait se révéler particulièrement instable. Le trajet entre l’aéroport et l’hôtel prend environ une heure : de quoi se plonger doucement dans l’ambiance cubaine.

📶 Un Wi-Fi frustrant pour les familles connectées
Le Wi-Fi de l’hôtel est sans doute l’un des points les plus décevants du séjour. Dans notre chambre, impossible de faire plus que d’envoyer un simple message texte. Pas question de naviguer sur le web, de passer des appels vidéo, d’envoyer des photos ou même de jouer à un jeu mobile. C’est seulement en se rapprochant du bâtiment principal — où se trouvent la réception et le buffet — qu’on pouvait espérer une connexion un peu plus décente. Dans une réalité aussi branchée que la nôtre, c’était franchement frustrant. Donc la carte SIM cubaine, originalement planifiée en cas d’urgence, s’est avérée plus utile que prévue.
🏨 Un hôtel aux allures soignées… en surface
Les bâtiments du Iberostar Selection Holguín, d’un blanc uniforme, donnent au site un style sobre mais élégant. L’ensemble est étendu, et des navettes — de type voiturettes de golf — permettent de se déplacer… du moins lorsqu’elles passent, car le service est assez aléatoire. À notre arrivée tardive (vers 22h30), le buffet était déjà fermé, et nous avons dû nous rabattre sur un snack-bar à l’offre plutôt limitée : burgers ou grilled-cheese.
Nous avions réservé une chambre familiale double, qui s’est finalement révélée être deux chambres communicantes par une porte intérieure — une belle surprise. Cette configuration nous a offert tout le confort nécessaire pour une famille de quatre : deux salles de bain, deux douches, et un peu plus d’espace pour souffler. Sans être luxueuse, la chambre était propre et fonctionnelle. La porte patio, par contre, était très difficile à manipuler et à verrouiller, ce qui n’est jamais idéal.
Comme ailleurs dans le pays, l’eau du robinet n’est pas potable. Deux bouteilles d’eau nous étaient livrées chaque jour, mais il ne s’agissait pas de bouteilles scellées en plastique, comme on en retrouve habituellement. C’étaient plutôt des bouteilles de verre réutilisables, remplies manuellement, sans indication claire sur la provenance de l’eau. On ne sait pas vraiment d’où elle vient ni comment elle est traitée, ce qui peut être un peu inquiétant pour certains. Un geste sans doute plus écologique, mais qui demande un certain niveau de confiance. Et côté confort, on aurait aussi apprécié une boîte de mouchoirs et un peu plus de papier de toilette, fourni au compte-gouttes.
Malheureusement, un soir, une panne d’électricité a plongé tout le site dans le noir — sans air climatisé jusqu’au milieu de la nuit. Le lendemain, l’eau courante s’est arrêtée. Des imprévus décevants, mais qu’on apprend à relativiser. Le site, par ailleurs, est plutôt calme en soirée. Mis à part quelques spectacles de danse traditionnelle certains soirs, on n’a pas vu d’animation organisée comme on en retrouve dans d’autres grands complexes. Ceux qui recherchent un resort dynamique le soir pourraient rester sur leur faim, mais pour les amateurs de tranquillité, c’est un point positif.



👣 Détails révélateurs et manque d’entretien


En observant attentivement, on réalise vite que plusieurs infrastructures de l’hôtel ont connu des jours meilleurs. Une fontaine centrale qui est restée en panne toute la semaine, des lampadaires défectueux qui rendent certains sentiers presque dangereux le soir — au point où nous avons dû utiliser la lampe de poche de nos téléphones pour regagner notre chambre —, des lits cabanons au bord de la piscine dont les planches étaient brisées… Et ce n’est que le début. Même certaines boîtes électriques à l’extérieur, pourtant à la portée du public, étaient exposées aux intempéries, sans aucune protection — un vrai risque à mes yeux.


Ce qui a particulièrement déçu nos garçons, pourtant en début d’adolescence, c’est l’état des jeux d’eau. Sur le site web, on nous promettait une structure aquatique assez grande pour convenir à leur âge. En réalité, elle était à l’abandon, fermée et manifestement trop délabrée pour être sécuritaire. Un bel attrait en moins. Même constat du côté du terrain de basket, dont les structures rouillées n’inspirent pas vraiment confiance.
Et puis il y a ces petits détails, presque cocasses si on prend le tout avec recul : deux tables de billard mises à disposition… mais une seule baguette pour les deux. On sourit, mais ce genre d’oubli symbolise à lui seul le manque d’entretien généralisé. Malgré la bannière Iberostar, il ne faut pas oublier que l’établissement est la propriété de l’État cubain. Ce modèle de gestion publique peut parfois expliquer les choix d’investissement en matière d’entretien et de réparation.

🍽️ Nourriture : correcte, mais répétitive
Le buffet est au cœur des repas quotidiens, mais il devient rapidement répétitif. Du porc tous les jours, très peu de bœuf, et toujours les mêmes trois fruits — difficile de varier. Les stations à la demande, comme les omelettes du matin ou le riz frit du soir, génèrent de longues files. Et pour se désaltérer, il fallait attendre qu’un serveur passe à notre table — même pour un simple verre d’eau, de jus, de vin ou de bière. Malheureusement, ce service était souvent très lent, au point qu’il nous arrivait de terminer une bonne partie de notre assiette avant d’avoir quoi boire. Et comme les buffets n’ouvrent qu’à des heures précises, il n’y a presque rien à grignoter entre les repas, sauf un petit snack-bar à la plage qui offre burgers et frites.
Nous avons tout de même assisté à un méchoui cubain sur le site. Un bel effort pour l’ambiance : musique, danses et animation en plein après-midi, créant un moment festif qui rassemblait tout le monde autour du feu. Dommage toutefois que la viande n’était pas suffisamment cuite au départ — il a fallu patienter environ 90 minutes additionnelles avant de pouvoir enfin en profiter. L’esprit y était, mais l’exécution aurait gagné à être un peu mieux rodée.


Côté restaurants à la carte, l’expérience fut en demi-teinte. Dès notre arrivée, nous avons voulu réserver, mais tous les créneaux étaient déjà pris — alors que les salles, ironiquement, semblaient à moitié vides une fois sur place. On a vite compris que les ressources (nourriture, personnel) étaient sans doute calibrées précisément sur les réservations enregistrées. Heureusement, une agente Air Transat a réussi à nous décrocher nos trois soupers inclus dans notre forfait.
Le restaurant japonais, le Sake, a été notre plus grande déception. Pas de spectacle culinaire digne de ce nom : la cheffe s’est limitée à allumer une flamme sur sa plaque pour faire frire le riz, et à lancer quelques morceaux d’omelette dans la bouche des clients. Pas de petit train d’oignons, pas de jonglerie, pas d’interaction amusante… rien de ce qu’on s’attend à retrouver dans ce genre de restaurant-spectacle.
Les deux autres — Azly Profundo (méditerranéen) et Oleo (gourmet) — proposaient des plats bien exécutés, mais en portions si réduites que plusieurs couples, tout comme nous, sont retournés au buffet plus tard en soirée. C’est un peu dommage, car la qualité y était, mais pas la satiété.
🌊 Plages : le point fort du voyage
Heureusement, les plages viennent véritablement rehausser l’expérience. La petite plage privée, calme et bien ombragée, s’est révélée parfaite pour passer du temps en famille. L’eau y est peu profonde, ce qui permet aux enfants de se baigner sans souci, et l’espace est idéal pour se lancer le ballon ou le frisbee sans gêner les autres vacanciers.


Plus tard dans la semaine, nous avons découvert la grande plage, accessible par un joli sentier boisé ponctué de cactus sauvages, et traversant un petit pont en bois. Le sable y est fin et doré, l’eau d’un turquoise limpide absolument magnifique. Kayaks, pédalos, petit catamaran : tout est inclus. L’activité coup de cœur ? Le petit catamaran à quatre places. Nous l’avons fait deux fois, et chaque sortie était magique. En lançant des morceaux de pain dans l’eau, nous avons vu apparaître des bancs de poissons colorés autour de nous. C’est simple, mais inoubliable.



Côté confort, cependant, les chaises pliantes disponibles sur les deux plages sont à revoir. Pas de coussins, plusieurs étaient brisées ou simplement non ajustables, ce qui oblige à changer de position fréquemment si on veut éviter un mal de dos.
Mais ce qui nous a vraiment étonnés, c’est l’absence totale de toilettes accessibles aux touristes sur la grande plage. Il n’y avait qu’une toilette réservée au personnel, peu entretenue et sans papier, clairement pas pensée pour accueillir les vacanciers. Or, comme la plage se trouve à plusieurs minutes de marche des chambres, on y reste souvent plusieurs heures… Ce manque de commodités de base devient rapidement un vrai irritant.


🏀 Activités sportives et animation
Le terrain combiné de basketball et de soccer a fait plaisir aux enfants, du moins au début. L’espace est là, les lignes sont tracées, et on sent que l’intention était bonne. Mais en réalité, la surface entièrement en béton, en plein soleil et sans aucun coin d’ombre, limite les parties à quelques minutes à peine. En plus, plusieurs structures sont rouillées, abîmées ou simplement non entretenues, ce qui donne une impression peu invitante — voire un peu risquée à certains endroits.
La piscine principale, de son côté, offrait un moment de répit agréable. Même en pleine semaine de relâche, on n’a jamais eu à se lever à l’aube pour trouver une chaise longue. L’ambiance y était bonne, avec de la musique d’ambiance constante et une atmosphère détendue. Le tableau des activités laissait entrevoir une belle variété : yoga, aquagym, volley-ball de plage, volley-ball aquatique… mais dans les faits, nous n’avons vu que quelques séances d’aquagym — animées, il faut le dire, par un animateur visiblement en apprentissage. Les autres activités semblaient absentes ou annulées sans préavis.


On aurait aussi aimé retrouver d’autres types d’animations non sportives, comme des cours d’espagnol, de peinture ou d’artisanat, qui sont souvent proposés dans ce genre de complexe. Mis à part une ou deux petites séances de danse près de la piscine, qui semblaient improvisées, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Cela dit, le site en lui-même offre plusieurs zones dégagées et des espaces verts où l’on peut facilement s’amuser en famille : ballon, frisbee, ou simplement courir un peu pour se dégourdir.

🐴 Un moment marquant hors des murs : la balade avec Ismel
Un des moments les plus marquants de notre séjour s’est déroulé en dehors du site de l’hôtel. Sur la recommandation d’autres vacanciers rencontrés sur place, nous avons réservé une balade en calèche avec Ismel, un guide local. La calèche, toute simple — quatre places tirées par un cheval — nous a menés à travers les environs immédiats de l’hôtel, dans une immersion douce mais saisissante dans la vie cubaine.

Ismel, chaleureux et généreux dans ses explications, nous a ensuite fait découvrir les zones résidentielles où vivent les employés de l’hôtel. Des bâtiments sobres, rudimentaires, très éloignés de la façade touristique. Il nous a expliqué que ces appartements sont fournis par le gouvernement, tout comme le transport quotidien entre ces blocs et l’hôtel. Mais ce logement est conditionnel à l’emploi : en cas de démission ou de renvoi, le droit d’y habiter est perdu. Après plusieurs années de service, certains employés peuvent espérer devenir propriétaires, voire recevoir leur logement en récompense de leur loyauté.


Premier arrêt : un petit marché d’artisanat local, où nous avons acheté quelques souvenirs. Rien de très durable — certains objets se sont brisés à peine rentrés à la maison — mais ce n’était pas l’objectif. C’était avant tout un geste pour encourager les artisans du coin, et ça a fait partie du charme de l’expérience.

La visite s’est poursuivie dans une petite ferme familiale, où nous avons été accueillis à bras ouverts. Poules, cochons, chats, chiens… tout ce petit monde évoluait librement entre les visiteurs, au grand plaisir des enfants — quoique les plus frileux aux animaux pourraient trouver l’ambiance un peu rustique. On nous a offert des fruits frais cueillis sur place : des bananes de variétés différentes, des mangues, des fruits au goût si authentique qu’on s’est sincèrement demandé pourquoi cette qualité ne se retrouvait pas dans les buffets de l’hôtel. Cette halte, en apparence simple, nous a reconnectés à quelque chose de vrai.
En deux heures à peine, cette excursion nous a permis de mieux comprendre le quotidien rural cubain. Dans un pays où très peu de gens ont accès à une voiture, les chevaux et les charrettes sont encore omniprésents. Une réalité bien différente de celle offerte par les brochures, mais ô combien précieuse à découvrir.
🧳 En conclusion : une destination contrastée
Ce séjour à Holguín n’a pas été un désastre, loin de là. Les plages étaient magnifiques, le personnel chaleureux, et certains moments — comme la rencontre avec Ismel — resteront gravés dans nos souvenirs.
Mais difficile d’ignorer les nombreuses lacunes : pannes d’eau et d’électricité, infrastructures vieillissantes, nourriture répétitive, Wi-Fi inutilisable dans les chambres, gestion confuse… On sent que l’hôtel fait de son mieux avec des moyens limités.
Bref, cet avis Iberostar Selection Holguín reflète bien mon ressenti : un voyage en demi-teinte. Pour le prix payé, on a quand même passé de bons moments en famille. Mais si on devait retourner à Cuba, ce serait probablement ailleurs… avec des attentes mieux calibrées.

👉 Vous trouverez d’autres récits comme celui-ci dans la section Destinations – Cuba.
Vous voulez en apprendre plus ?
Abonnez-vous à mon infolettre !


Très bon avis je valide à 100%
Très beau texte, j’ai beaucoup apprécié
Belle analyse, bien détaillée, très agréable à lire. Informations très pertinentes.